Françoise de Panafieu va t-elle perdre l’élection municipale ?
Mardi 19 février 2008
La réponse à la question “Françoise de Panafieu va t-elle perdre l’élection municipale ?” est : “C’est possible”.
La réponse à la question “Françoise de Panafieu va t-elle gagner l’élection municipale?” est : “C’est possible aussi”.
Quand tout devient possible, qu’est-ce qui fait qu’une alternative se produit plutôt qu’une autre ? C’est nous, simples électeurs.
Qui parmi ces simples électeurs veulent faire gagner Paris ?
Hélas, il est possible que le champs des possibles trouve là sa clôture naturelle : les électeurs. 80% des électeurs vont voter pour un candidat pour la raison suivante : ils le trouvent “pas mal”. Et qu’a t-il fait de “pas mal”? Personne ne sait ! Cette élection se joue dans l’indifférence générale. Les parisiens vont peut-être choisir de faire perdre Françoise de Panafieu sans voir que c’est eux qu’ils font perdre. Le candidat ne représente pas un camps ou sa personne : il représente des citoyens. Si ces citoyens ne prennent pas le temps de choisir leur vie politique, s’ils sont indifférents à leur quotidien, au sens de leur vie publique, quel est le sens d’une campagne politique ?
En fait, une campagne politique est la rencontre entre une population, c’est à dire des personnes chargées d’intérêts particuliers, et un personnage politique, c’est à dire une équipe de personnes qui veut représenter l’intérêt général au plus près possible des intérêts particuliers qui en leur “somme” semblent les plus propres à rendre l’intérêt général un fonds de développement optimisé des intérêts particuliers et du bien commun. C’est ce calcul que Françoise de Panafieu propose dans son très intelligent programme. Mais ni les journalistes (qui ne doivent jamais manger d’oeufs s’ils se contentent toujours d’en polir la coquille), ni les sondés n’acceptent de voir leur intérêt représenté et servi. Paris est abandonné à un homme “parce qu’il est pas mal” et parce qu’on a tous “mieux à faire”.
Le poste de Maire de Paris n’est absolument pas anodin du point de vue national. La poignée d’électeurs parisiens votants - par rapport au nombre des français - a une responsabilité nationale d’envergure. Il est évident que les municipales ne doivent jamais être utilisées et vues comme un enjeu de politique nationale par les politiques, mais nous, parisiens, n’avons d’autre choix que de comprendre à quel point cette élection locale dépasse la sphère locale. Le problème, c’est que là, le maire actuel veut clairement utiliser un deuxième mandat comme piste d’envol pour aller contrer Nicolas Sarkozy en 2012. Ce n’est pas le bien commun à Paris qu’il envisage, mais il brigue la tête du Parti socialiste. Sarkozy Vs Delanoë en 2012 pourquoi pas, à condition que Delanoë n’ait pas utilisé nos voix pour faciliter sa carrière. C’est exactement ce que faire perdre Madame de Panafieu revient à faire : cautionner le détournement de nos votes, négliger la responsabilité nationale du vote parisien, abandonner le bien commun pour l’intérêt particulier le plus petit : la négligence, et donner une voix en 2008 pour une campagne prévue en 2012. Pendant ce temps là, Françoise de Panafieu, elle, ne demande qu’à vous servir. “A plein temps”.


